Trois Griffes, Une Patte: Les jeux et la dystopie

Pour ce « Trois Griffes, Une Patte », je vais parler du lien étroit entre certains jeux vidéo et le genre de la dystopie. Plus précisément, je vais présenter comment le jeu vidéo peut apporter un regard neuf sur certains thèmes chers à la dystopie comme le totalitarisme ou l’absence de liberté. Si le jeu est souvent vu comme un divertissement, le fait d’incarner un personnage permet de nous plonger un peu plus dans l’histoire et ainsi d’être actif dans celle-ci.

Papers, Please! : Simulateur de la douane « soviétique »

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Bienvenue en Arstotzka

Papers, Please! développé par Lucas Pope et sorti en 2013  nous propose d’incarner un douanier au pays imaginaire d’ « Arstotzka », pays qui ressemble beaucoup à un état de l’ex-URSS. Le jeu consiste à contrôler les personnes voulant rentrer au pays et au fil des jeux, de plus en plus de papiers vont être nécessaires pour entrer et donc plus de contrôle.

Par ailleurs, quelques évènements vont venir perturber nos journées ( attentat et autres rebelles) et il va falloir aussi nourrir et chauffer la famille avec le salaire qui dépend du nombre de personnes contrôlées.

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Une journée typique 

Sous ses aspects et sa musique glaciale, le jeu parvient à nous montrer l’atmosphère oppressante existante dans un état totalitaire. Nourrir la famille et rejeter parfois femme et enfant nous montre aussi la dureté du choix entre le fait d’obéir pour sauver sa propre famille ou sauver d’autres personnes. Plusieurs fins existent et si le jeu est assez court, il montre en nous permettant d’incarner le douanier, un jeu plus ancré dans la réalité qu’il ne le laisse penser.

Beholder, être concierge dans un état totalitaire

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Un aspect maison de poupée très réussi

Beaucoup plus récent, Beholder développé par Warm Lamp Games et sorti en Novembre 2016 va nous proposer quant à lui d’incarner un concierge dans un état totalitaire. Nous arrivons donc avec notre famille dans un immeuble et avec un boulot précis: espionner les voisins afin de contrôler s’ils suivent les directives du ministère de l’Ordre.

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Des directives gouvernementales parfois étranges

Bien entendu, tout ne va pas être si simple et ici le problème va être de choisir sa voie qui sera toujours rempli de conséquences. Ici aussi la famille va jouer un grand rôle puisqu’il va falloir nourrir et soigner sa famille, ce qui coûte cher et peut devenir vite illégal aux yeux de l’Ordre.  L’apparition de la rébellion va aussi donner un autre arc narratif qui va déterminer la fin de l’histoire.

Ici, il faudra sacrifier quelque chose car l’aspect très cher de la vie associé au côté loufoque de certaines directives ( interdiction de manger des pommes) rend le jeu particulièrement difficile au niveau moral. Et c’est là qu’il possède sa force et montre l’aspect inhumain d’un régime totalitaire. On s’attache  aux différents personnages grâce à l’aspect maison de poupée du titre et c’est à contre-cœur que l’on va chasser telle ou telle personne parce qu’il faut de l’argent pour la famille. Ou alors on va sauver cette personne qui a aidé notre fils et perdre ses précieux dollars qui auraient pu payer des frais de scolarité. A vous de voir.

Orwell, ou le simulateur d’agent de la NSA

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Un écran qui commence bien…

Et oui, si le nom vous dit quelque chose, ce n’est pas pour rien, il est emprunté au célèbre auteur anglais de 1984, Georges Orwell et son célèbre « Big Brother is Watching You ». Tel est le mot d’ordre de ce jeu qui nous propose d’incarner un agent de la NSA. Petite indication importante: le jeu est exclusivement en anglais. Ici, l’histoire commence par une attaque terroriste en plein cœur de la  « Freedom Plaza ». Ici, vous travaillez pour Big Brother (le jeu est rempli de clins d’œil à 1984) et il vous faudra épier absolument tout afin de traquer et trouver les responsables des attaques.

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Et oui, tout est analysé!

Tout? Et oui, des réseaux sociaux en passant par les chats ou encore les journaux et les murs d’actualités des amis, tout peut être lu et vu et interprété comme étant de nature radicale. Sous la forme d’une histoire, on ressent l’oppression à travers ce titre plus proche de ce que nous vivons actuellement et la force du titre réside ici dans l’identification au personnage et cette peur du Big Brother. Une œuvre vidéoludique bien inspirée de 1984 finalement qui nous place dans notre ère, celle du tout numérique où le concept de vie privée disparaît peu à peu.

Une Conclusion peut-être?

A travers ces trois œuvres, on remarque que si le jeu peut être source de divertissement, il est aussi source de réflexion tout comme certaines œuvres littéraires. Pour la dystopie, le jeu permet des fins différentes et certaines nuances  et ainsi permet d’ouvrir l’éventail des possibles en incluant le joueur à l’histoire. Un « Trois Griffes, Une Patte » un peu particulier qui j’espère vous a plu.

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3 commentaires sur “Trois Griffes, Une Patte: Les jeux et la dystopie

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  1. Excellent article, très intéressant à lire! Au moment où j’écris je n’ai encore fait que le sublime « Papers, Please » mais ça ne m’empêche pas d’apprécier toute la profondeur de ce que tu as écrit! Par contre, moi la musique (car effectivement il n’y en a qu’une seule) de « Papers, Please » je ne la trouve pas si ‘froide’, ça me fait d’ailleurs penser à la musique soviétique de « Command and Conquer : Red Alert 3 » qui est tout simplement excellente, tout comme le jeu. Après, c’est vrai que j’ai tendance à adorer ce genre de musique… m’enfin, Gloire à Arstotzka!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire, ça fait vraiment plaisir et donne envie d’écrire encore plus d’articles 🙂 . J’ai joué à « Papers, Please! » après « Ori and the blind forest » où la musique est plus douce, ça a peut-être influencé du coup. Je regarderai du coup « Command and Conquer : Red Alert 3 » quand j’aurai le temps 😉

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